Jacques Benveniste naît le 12 mars 1935 à Paris et meurt le 3 octobre 2004 dans la même ville. Médecin de formation, il se spécialise en immunologie et mène notamment des recherches à la Scripps Clinic and Research Foundation, en Californie, avant de poursuivre sa carrière en France à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
Ses premiers travaux portent sur les mécanismes de l’allergie et les interactions entre cellules immunitaires. En 1972, avec Peter M. Henson et Charles G. Cochrane, il décrit un facteur libéré par des basophiles sensibilisés et capable d’activer les plaquettes : le platelet-activating factor, ou PAF. Ce médiateur lipidique deviendra un objet important de la recherche sur l’inflammation. Benveniste dirige ensuite l’unité 200 de l’Inserm, consacrée à l’immunologie de l’allergie, à Clamart.
Le 30 juin 1988, Nature publie un article signé par Elisabeth Davenas, Benveniste et plusieurs collaborateurs, intitulé « Human basophil degranulation triggered by very dilute antiserum against IgE ». Les auteurs rapportent une réponse de basophiles à des dilutions d’anticorps anti-IgE si élevées que la présence de molécules de départ devient statistiquement improbable. Ils avancent l’idée que la préparation pourrait conserver une information biologique malgré cette dilution. L’expression « mémoire de l’eau » popularise cette interprétation, mais l’expérience ne mesure pas directement une mémoire physique de l’eau.
La publication est accompagnée de réserves éditoriales exceptionnelles. Une équipe composée de John Maddox, Walter W. Stewart et James Randi examine ensuite les expériences dans le laboratoire. Son rapport, publié dans Nature en juillet 1988, conclut que les résultats ne se maintiennent pas dans les essais en aveugle qu’elle a supervisés. Benveniste conteste la procédure et les conclusions de cette enquête. Des recherches ultérieures produisent des résultats divergents, sans établir une reproduction indépendante suffisamment robuste du phénomène annoncé.
Dans les années 1990, Benveniste poursuit cette voie et développe une « biologie numérique », selon laquelle l’activité de certaines substances pourrait être enregistrée puis transmise sous forme de signaux électromagnétiques. Il crée la société DigiBio pour explorer ces propositions, qui demeurent non validées. Son livre posthume, Ma vérité sur la « mémoire de l’eau », paraît chez Albin Michel en 2005. Son parcours associe ainsi une contribution reconnue à l’immunologie et des hypothèses ultérieures dont la portée scientifique reste contestée.