Lao Tseu, transcription française traditionnelle de Laozi, signifie approximativement « Vieux Maître ». La tradition le situe au VIᵉ siècle av. J.-C., à l’époque de Confucius, mais aucune source contemporaine ne permet de confirmer cette datation ni de reconstituer sa vie. Il convient donc de distinguer le personnage traditionnel, l’auteur supposé et le texte transmis sous son nom, également appelé Daodejing ou Tao Tö King.
La principale biographie ancienne figure dans les Mémoires historiques de Sima Qian, composés autour de 100 av. J.-C., plusieurs siècles après l’époque supposée du sage. Laozi y est présenté comme un homme du pays de Chu, nommé Li Er, également connu comme Lao Dan, et chargé de conserver les archives des Zhou. Sima Qian rapporte une rencontre avec Confucius, mais mentionne aussi d’autres personnages susceptibles d’être associés à Laozi : son récit témoigne déjà d’incertitudes sur cette identité.
Selon cette même tradition, Laozi quitte le territoire des Zhou en constatant leur déclin. À une passe frontalière, le gardien Yin Xi lui demande de consigner son enseignement ; il rédige alors un ouvrage en deux parties, d’environ cinq mille caractères, puis disparaît. Le voyage vers l’Ouest et la représentation du sage sur un buffle appartiennent à sa légende et à son iconographie : ils ne constituent pas des faits biographiques établis.
La recherche contemporaine considère généralement le Daodejing comme un texte formé au cours de l’époque des Royaumes combattants, notamment aux IVᵉ et IIIᵉ siècles av. J.-C., plutôt que comme une œuvre dont la rédaction par un auteur unique au VIᵉ siècle serait démontrée. Les manuscrits sur bambou de Guodian, découverts en 1993 dans une tombe datée autour de 300 av. J.-C., contiennent des passages correspondant à une partie du texte reçu. Les manuscrits sur soie de Mawangdui, découverts en 1973 dans une tombe fermée en 168 av. J.-C., attestent d’autres états du texte et placent la section sur le De avant celle sur le Dao.
Dans sa forme reçue, le Daodejing comprend quatre-vingt-un chapitres brefs, souvent rythmés et parfois rimés, plutôt que quatre-vingt-un poèmes au sens strict. Il explore la Voie, l’efficacité de la souplesse, la limitation des désirs et un gouvernement peu interventionniste. Au fil des siècles, Laozi devient à la fois une référence philosophique majeure et, dans les traditions religieuses taoïstes, une figure divine appelée notamment Taishang Laojun, le Très-Haut Seigneur Lao.