Rupert Sheldrake naît le 28 juin 1942 à Newark-on-Trent, dans le Nottinghamshire, en Angleterre. Il étudie les sciences naturelles au Clare College de l’université de Cambridge, puis l’histoire et la philosophie des sciences à Harvard grâce à une bourse Frank Knox. Revenu à Cambridge, il obtient un doctorat en biochimie en 1967. Ses premières recherches portent sur la physiologie végétale, notamment le développement des plantes et le rôle des hormones végétales.
De 1967 à 1973, il est chercheur et fellow du Clare College. Entre 1974 et 1978, il travaille comme physiologiste des plantes à l’Institut international de recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides, l’ICRISAT, près d’Hyderabad, en Inde. Ce séjour nourrit également sa réflexion philosophique et religieuse. Il fréquente notamment l’ashram chrétien de Bede Griffiths, au Tamil Nadu, où il rédige une partie de son premier ouvrage théorique.
En 1981, il publie A New Science of Life, dans lequel il propose l’hypothèse de la causalité formative et de la résonance morphique. Il suppose que les formes et les comportements de systèmes passés influencent ceux de systèmes ultérieurs similaires par un mécanisme distinct de l’hérédité génétique et des interactions physiques connues. L’ouvrage suscite immédiatement une forte controverse, notamment dans la revue Nature. Cette hypothèse ne devient pas un cadre reconnu de la biologie du développement.
Sheldrake développe ensuite sa conception d’une mémoire de la nature dans The Presence of the Past, paru en 1988. Avec Seven Experiments That Could Change the World, en 1994, il encourage la réalisation d’expériences accessibles à des non-spécialistes. Ses livres Dogs That Know When Their Owners Are Coming Home, publié en 1999, et The Sense of Being Stared At, en 2003, présentent des observations et des expériences sur les capacités inhabituelles supposées des animaux et sur les rapports entre perception, attention et environnement.
Dans The Science Delusion, paru en 2012, il critique plusieurs présupposés qu’il attribue à la science contemporaine, en particulier le matérialisme et l’idée de lois naturelles immuables. Science and Spiritual Practices, publié en 2017, porte sur les pratiques spirituelles et leurs effets possibles sur l’existence. Auteur et conférencier indépendant, Sheldrake occupe une place importante dans les débats publics sur les frontières de la science, mais ses principales hypothèses alternatives restent dépourvues de validation indépendante robuste et consensuelle.