Pierre Teilhard de Chardin naît le 1er mai 1881 à Sarcenat, près d’Orcines, dans le Puy-de-Dôme. Entré dans la Compagnie de Jésus en 1899, il enseigne notamment au Caire avant de poursuivre sa formation théologique à Hastings, en Angleterre. Il est ordonné prêtre le 24 août 1911. Son intérêt précoce pour les minéraux et les fossiles devient une vocation scientifique, qu’il développe à Paris auprès du paléontologue Marcellin Boule, au Muséum national d’histoire naturelle.
Mobilisé comme brancardier pendant la Première Guerre mondiale, il sert de 1914 à 1918. Cette expérience nourrit ses premiers essais sur la matière, la vie spirituelle et l’unité humaine, dont La Vie cosmique, rédigé en 1916. En 1922, il soutient à Paris une thèse de doctorat en sciences naturelles consacrée aux mammifères de l’Éocène inférieur français et à leurs gisements.
Il effectue une première mission en Chine en 1923 avec le jésuite Émile Licent. Dans le contexte de ce voyage, il rédige La Messe sur le Monde, méditation sur l’offrande eucharistique et la création. Après un retour en France, il repart en Chine en 1926 et y séjourne longuement jusqu’en 1946, tout en participant à plusieurs expéditions. Associé aux recherches de Zhoukoudian, près de Pékin, il contribue surtout à l’étude géologique et stratigraphique du site de l’Homme de Pékin, aujourd’hui classé parmi les Homo erectus : il ne faut pas lui attribuer seul la découverte de ces fossiles.
Parallèlement à ses travaux scientifiques, Teilhard élabore une interprétation spirituelle de l’évolution. Le Milieu divin, rédigé en 1926-1927, examine la vie chrétienne dans les activités ordinaires ; Le Phénomène humain, principalement composé entre 1938 et 1940 puis remanié, expose sa vision de la complexité, de la conscience et de la convergence humaine. Il participe, avec Édouard Le Roy et Vladimir Vernadski, à l’élaboration de la notion de noosphère, sans pouvoir être présenté comme son unique inventeur. Ses propositions sur le péché originel et l’évolution suscitent des réserves de ses supérieurs jésuites, qui lui refusent l’autorisation de publier ses principaux ouvrages religieux et philosophiques.
Élu à l’Académie des sciences en 1950, il s’installe à New York en 1951 et travaille en lien avec la Wenner-Gren Foundation. Il y meurt le 10 avril 1955, dimanche de Pâques. Le Phénomène humain paraît la même année, puis Le Milieu divin en 1957. La publication posthume de ses écrits lui apporte une audience internationale, mais aussi des critiques scientifiques et théologiques ; en 1962, le Saint-Office publie un avertissement concernant ses œuvres.